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Pete Philly & Perquisite : Printemps de Bourges 2008
Pas toujours facile d’ouvrir le bal. Le néerlandais natif des caraïbes Pete Philly en sait quelque chose. Quand début son concert au 22° Est, le public ne doit pas dépasser la trentaine de personnes. Entouré d’un clavier, un bassiste, un saxophoniste, un DJ et de son acolyte Perquisite (aux machines et lap top), le jeune MC ne se démonte pas une seconde.
Quand il entame son show, Pete Philly donne tout ce qu’il a. Il rappe avec furie et harangue le public comme si nous étions super nombreux. C’est peut-être ça qui fait la différence entre un mauvais et un bon showman. Du coup, l’ambiance monte d’un coup et l’absence d’assistance devient totalement anodine.
Les deux premiers morceaux témoignent bien de la musicalité du groupe. Après un solo du saxophone, Pete enchaîne sur un titre très free jazz. Puis il nous explique à quel point il adore la France, qu’ils viennent de jouer dans une salle à Paris et que le public français est son préféré (quand il est là…). « Pour moi », dit-il, en français dans le texte, « Paris est vraiment l’une des plus grandes capitales du Hip-Hop dans le monde. Alors je crois qu’il est temps de faire du Hip-Hop maintenant, non ? » Le rap de Pete Philly&Perquisite est empreint d’une joyeuse énergie et d’une originale créativité qui séduisent immédiatement. La preuve, la salle se remplit doucement mais surement de curieux qui semblent vite conquis. Il faut dire que le groupe a plus d’un tout dans son sac pour nous étonner. Le saxophoniste se met tout à coup à jouer d’une flûte électrique aux sons totalement improbablement électro. Le bassiste se me, lui, à la contrebasse. Et Perquisite sort de derrière ses machines pour jouer d’une extraordinaire et toute mince contrebasse électrique. Tous ces sons nouveaux apportent encore plus de force au show de Pete Philly, qui rappe avec toujours autant de force et de plaisir. Il égraine alors les titres de leur très bon second album Mystery Repeats et continue à affirmer son amour de la France. Il mime un français pincé en train de fumer et explique qu’il « a déjà fait la première partie d’un groupe de rap français, le Saïan Supa Crew, il y a quelques années. » Ca tombe bien Sly The Mic Buddah est dans la salle et lui aussi semble apprécier la folie musicale de ce jeune groupe.
A force de talent, la salle est remplie à ras bord à la fin du set, offrant au groupe l’ovation qui leur est dûe.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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